03.08.2020
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04.02.2026
À Montpellier, certaines demeures racontent à elles seules la prospérité et l’élégance d’un siècle.
Les folies montpelliéraines ne sont pas de simples châteaux : elles incarnent l’art de vivre d’une élite éclairée du XVIIIᵉ siècle, entre raffinement architectural, jardins structurés et désir d’apparat.
Construites principalement entre la fin du XVIIᵉ et la fin du XVIIIᵉ siècle, ces résidences de plaisance voient le jour dans la campagne entourant la ville. À l’époque, Montpellier connaît un essor économique considérable grâce au commerce et à la viticulture. Les riches négociants, magistrats et notables font alors édifier des demeures élégantes pour recevoir, se retirer loin de l’agitation urbaine et affirmer leur réussite sociale.
Le terme « folie » désigne ainsi une maison de campagne dédiée au plaisir, à la réception et à l’esthétique.
Les folies montpelliéraines obéissent à des codes architecturaux précis :
Ces demeures sont pensées comme des décors de réception.
Chaque élément, escalier monumental, moulures, ferronneries, plafonds peints, participe à une mise en scène du prestige.
Édifié à la fin du XVIIᵉ siècle, le Château de Flaugergues est l’une des folies les plus emblématiques de Montpellier.
Toujours habité par la même famille depuis sa construction, il se distingue par son élégante façade classique et ses jardins à la française. Le domaine conserve également une activité viticole, fidèle à la tradition montpelliéraine.
Flaugergues illustre parfaitement la continuité historique et la préservation d’un art de vivre transmis à travers les siècles..
Construit en 1715, le Château de la Mogère est un remarquable exemple d’architecture classique montpelliéraine.
Sa façade parfaitement symétrique, son parc arboré et ses intérieurs richement décorés témoignent du raffinement du XVIIIᵉ siècle.
Salons d’apparat, cheminées sculptées, mobilier d’époque : ici, chaque détail raconte le goût et l’élégance d’une époque tournée vers l’esthétique et la réception.
Le Château d’Ô, construit au XVIIIᵉ siècle, se distingue par son environnement paysager exceptionnel.
Aujourd’hui intégré à un vaste parc départemental, il conserve son architecture élégante et son implantation typique des folies : légèrement en retrait, entouré de nature, conçu comme un lieu de promenade et de réception.
Il incarne la dimension culturelle et vivante de ces demeures, devenues au fil du temps des espaces ouverts au public.
Le Domaine de Méric possède une dimension artistique particulière.
Ancienne propriété de la famille du peintre Frédéric Bazille, il surplombe le Lez et offre un paysage qui inspira plusieurs œuvres impressionnistes.
Plus sobre que certaines autres folies, il séduit par son implantation naturelle, son parc romantique et son lien étroit avec l’histoire culturelle montpelliéraine.
Plus discrète mais tout aussi représentative, le Château de la Piscine reflète l’élégance mesurée des demeures de plaisance du XVIIIᵉ siècle.
Sa composition équilibrée et son environnement paysager en font un exemple typique de ces résidences construites pour conjuguer intimité et représentation.
Les folies montpelliéraines constituent un ensemble architectural rare. Peu de villes françaises possèdent une concentration aussi cohérente de demeures de plaisance issues d’une même période.
Elles témoignent :
Aujourd’hui encore, elles structurent le paysage montpelliérain et participent à son identité.
Au-delà de leur architecture, les folies montpelliéraines racontent une relation particulière entre la ville et la campagne.
Implantées aux abords de Montpellier, elles formaient autrefois une ceinture aristocratique, reliant urbanité et nature.
Parcs ombragés, allées de cyprès, bassins et terrasses offrent encore cette sensation de retrait paisible, à quelques minutes seulement du centre historique.
Ces demeures ne sont pas de simples vestiges : elles sont les témoins vivants d’un siècle d’élégance, où l’architecture était pensée comme un art et la résidence comme une œuvre.
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